Les Verts ne formalisent pas d'accord avec le PS en amont des législatives. Seuls les 3 députés
sortants, Martine Billard et Yves Cochet (Paris), Noël Mamère (Bègles),ne seraient pas concurrencés dans leur circonscription par un candidat socialiste.
Il y a parfois une grande différence entre gagner et avoir raison.
A ce titre, cette décision peut être une bonne chose si elle menée jusqu'à son terme.
Le PS,déjà aux prises avec une grave crise
interne suite à l'échec des présidentiables, a semble-t'il, joué la montre et porté peu de considération aux revendications des écologistes. En résumé, rien de neuf depuis la majorité
plurielle du gouvernement Jospin. J'avoue ma surprise à la lecture du communiqué des Verts qui attendaient « réparation » de l'absence de
proportionnelle dans la Loi électorale. Le PS serait donc redevable d'une "juste représentation des Verts" à l'Assemblée Nationale. Il n'est pas précisé à combien de députés s'élève cette
(in)justice, dommage.
La démocratie est un rapport de force, pas la victoire du Bien sur les Forces du Mal. Les
urnes servent à matérialiser pacifiquement ce rapport de force. Qu'avaient à gagner les socialistes dans cette tractation ? (À part notre estime bien sûr !) Qu'ont-ils perdu à ne pas signer
d'accord avec les Verts ?
Si pour exister, il faut impérativement passer par des accords avec le grand frère PS, alors il faut dissoudre Les Verts et transformer ce parti en un mouvement à l'intérieur du
PS, un de plus. Il y a, là-bas, quelques éléphants à protéger, qui verraient d'un très bon oeil l'arrivée de renforts impliqués dans leur survie.
Corinne Lepage a choisi cette solution pour faire avancer, dans l'opinion, les propositionsCap21. En les intégrant aux propositions du nouveau Mouvement Démocrate de François Bayrou, elle participe à un échange
gagnant-gagnant (donc respectueux et équilibré) qui se donne les moyens d'exister et d'agir si les électeurs leur font confiance. C'est aussi la démarche du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot signé par + de 700 000 personnes et tous les candidats qui comptaient à la Présidentielle. de
Si la proposition des Verts est suffisamment différenciée de la proposition des autres partis et globale pour être
en mesure d'impacter l'ensemble de la politique du pays. Il faut alors faire exister cette proposition par les urnes.
C'est un choix courageux et exigeant. Il garanti l'indépendance et souligne la globalité et la transversalité de la question écologique dans
l'ensemble des décisions politiques du pays.Mais il implique d'assumer cette indépendance et de ne pas quémander d'accord avec pour seul argument à faire valoir
la culpabilité des ses « partenaires ». Il impose de parler en direct aux citoyens et d'accepter de mesurer sa capacité de conviction avec des bulletins de vote.
Pour le second tour, la démarche est différente. Il faudrait adopter une démarche locale et surtout ne pas automatiser la consigne de vote
socialiste. Si l'écologie est mieux (ou aussi bien) promue par les candidats du Mouvement Démocrate, enrichi des propositions de Cap 21, pourquoi ne pas lui faire bénéficier d'un report
de voix quand nous le jugerons pertinent ? Cela aidera aussi les Socialistes à mieux mesurer les avantages qu'ils ont à s'allier aux Verts et fera grandir notre respect mutuel.
Il y a parfois une grande différence entre gagner et avoir raison.